L’Aéroponie est considéré par beaucoup comme le système de culture ultime. Tout y est recyclé, propre et les résultats en termes de rendement seront supérieurs à toutes les autres techniques. D’aucuns disent que c’est comme cultiver en hydroponie mais en mode extrême. Alors, qu’est-ce vraiment que l’aéroponie et cela vaut-il le coup ?
L’Aéro…quoi?
Tout d’abord, rappelons ce qu’est l’aéroponie. L’aéroponie tout comme l’hydroponie est une forme de culture hors-sol. En aéroponie, les fonctions de support et d’approvisionnement en eau et en éléments nutritifs, habituellement remplies par le sol, sont assurées par des supports de plantes, généralement en matière plastique ou en néoprène, et par des vaporisations permanentes (brouillard) de solutions nutritives à base de sels minéraux tournant en circuit fermé au moyen d’une pompe. On aura par exemple un disque en néoprène qui supportera le poids des plantes et des yoyos pour supporter le poids des têtes.

Nous savons que les cultures utilisant de la fibre de coco comme substrat ont des rendements supérieurs aux cultures menées en terre. La raison principale est la quantité d’air disponible dans le substrat. Suivant la même logique, la culture en hydroponie dispose d’une quantité d’air supérieure à celle présente dans les cultures en fibre de coco.
Un système qui optimise le temps et les ressources
Cette règle simple s’appliquera également à la culture aéroponique étant donné que tout l’intérêt du système est d’avoir 100 % de disponibilité en eau et 100 % de disponibilité en air. L’aéroponie vous permettra de gagner du temps sur la phase de croissance de la plante. En effet, une plante en aéroponie poussera plus vite qu’en hydroponie qui poussera plus vite qu’en terre. Non seulement, cela marchera avec des plantes déjà enraciné mais cela marche également excessivement bien avec les boutures. C’est probablement la manière la plus rapide pour obtenir en seulement 7 jours des racines déjà visibles et acceptables.

Cette technique est comparable à son ancêtre, l’hydroponie, à la différence que les plantes en hydroponie s’enracinent dans un substrat inerte (de type bille d’argile, perlite), irrigué à intervalles réguliers et dans lequel l’alimentation se fait par apport régulier d’une solution nutritive.
En aéroponie, il devient possible de maîtriser tous les paramètres du milieu nutritif (concentration des éléments nutritifs et de leur proportion respective, pH, température…) afin d’obtenir les meilleurs résultats de culture.
Les différences de l’Aéroponie
Le fait de ne pas avoir de substrat, évitera également à vos plantes d’attraper des pathogènes présents dans le substrat et seront moins susceptibles d’attraper des champignons. Comme en hydroponie, l’arrosage ne fera jamais défaut en aéroponie. La rapidité de culture vous permettra de voir les excès et les carences de manière quasi instantanée afin de pouvoir les corriger et d’y remédier. Mais cette même raison, fait que la culture en aéroponie ne sera à conseiller qu’aux personnes qui ont déjà des connaissances et une expérience de la culture du cannabis. En effet, dans un système aéroponique chaque erreur se paye chère…et cash !
Si vous êtes débutant, nous vous recommandons de d’abord vous faire une petite expérience en terre afin de mieux connaître la plante de Cannabis. La principale qualité de la terre sera son apport organoleptique au produit fini, il est communément admis qu’une herbe cultivée en terre aura plus de gout et des saveurs plus complexes. En aéroponie, en contrôlant les niveaux d’eau, il vous sera possible d’obtenir des saveurs très similaires à celles que vous auriez obtenues en cultivant en fibre de coco.
Un système propre
Un autre avantage à ne pas avoir de substrat sera la facilité de recyclage et la discrétion, en effet vous n’aurez pas à acheter et à jeter des litres de terres à chaque culture. En utilisant un filtre à osmose inversée vous profiterez bien mieux de l’eau du système d’arrosage vu qu’il n’y a aucun système de goutte à goutte sinon un système d’aspersion qui pulvérisera la solution nutritive directement dans les racines.

Un système de pulvérisation sera plus propre et cela limitera l’apparition d’algues et limitera également les risques d’infections au niveau radiculaire. Il les limitera mais cela n’implique pas que les racines ne courent aucun risque ; par exemple, un diffuseur mal réglé peut arroser en excès et en retournant dans le système, il peut y avoir des risques de contamination. L’hygiène sera le maître mot.
L’arrosage
Il existe deux systèmes d’arrosage différents, un système haute pression et un système basse pression. Un arrosage basse pression se réfère à un arrosage à de type goutte à goutte ou avec des bombes à air, qui, en générant des bulles, éclabousseront les racines pour les maintenir humide. C’est le système le plus simple à mettre en place et il sera allumé 24h / 24h.

Un système aéroponique en haute pression se reconnait par ses asperseurs qui sont à la hauteur des racines. Ces derniers pulvériseront l’eau à une taille de 50 microns, un peu plus petit que la taille de l’épaisseur d’un cheveu et à la différence d’un système basse pression, celui-ci sera temporisé. Cela augmentera les niveaux d’oxygène dans le système radiculaire et en conséquence, cela se traduira par une augmentation de la production et une accentuation de l’intensité des saveurs.
Ce type de système bien que plus onéreux est le plus rentable sur la durée ; le ratio gramme/euros sera plus intéressant grâce à l’économie en eau et en nutriments, le seul inconvénient est que vous devrez garder un œil sur l’asperseur afin qu’il ne se bouche pas.
L’entretien d’un système aéroponique est plus simple que celui d’un système hydroponique par le simple fait que l’aéroponie n’utilise pas de substrat. Les variations de pH et de Ec seront moins susceptibles à de grandes variations mais vous devrez quand même surveiller ces paramètres pour éventuellement les corriger. Par contre, tout comme en hydroponie, il sera important de faire un nettoyage du réservoir de solution nutritive et d’en changer tous les dix jours. Il n’est pas recommandé au moment de corriger l’Ec, d’ajouter des fertilisants, il sera toujours mieux de recommencer la solution afin que tous les produits que vous ajouterez au réservoir, le soit de manière homogène à moins que vous ne connaissiez les besoins précis de votre plante auquel cas, vous pourrez éventuellement le corriger à la volée en utilisant le produit qui lui fait défaut.
Un système pour clones
La culture en aéroponie sera plus adaptée à la culture de boutures. Les graines, comme vous le savez, peuvent avoir plusieurs phénotypes même si toutes les graines proviennent de la même plante. En aéroponie comme en hydroponie, il est compliqué voire impossible de déplacer les plantes une fois qu’elles sont à leurs emplacement définitif. Planter des boutures vous donne la garantie d’avoir des plants possédants la même taille et la même structure ; aucun des plants ne prendra donc l’ascendant et ne cachera la lumière à sa voisine.

Une légende urbaine répandue au sujet de la culture aéroponique prétend que c’est le système de culture le plus rapide ; ce n’est pas entièrement faux ! La phase végétative de la plante, c’est-à-dire sa phase de croissance sera plus rapide, la phase de floraison quant à elle sera identique, quel que soit la technique de culture adoptée par contre il est vrai qu’en aéroponie la quantité de fleur sera supérieure.

Avec ses quelques informations, vous pourrez décider en toute connaissance de cause, quel système vous conviendra le mieux aussi bien en terme pratique que d’efficacité.




