Lorsque nous pensons aux parasites qui affectent nos plantes, nous avons tendance à les associer aux mois les plus chauds. En effet, c’est souvent en été que les insectes ont tendance à apparaître. Cependant, il ne faut pas se relâcher pendant les mois froids, car certains insectes font leur apparition lorsque les températures chutent. C’est le cas de la mouche sciaride, communément appelée mouche de terreau, qui peut ruiner silencieusement une récolte.
Qu’est-ce que la mouche de terreau ?
Cette mouche sombre, qui appartient à la famille des diptères, peut facilement être confondue avec un moustique. Elles sont petites, de 1 à 4 mm, et ne vivent que quelques jours, moins d’une semaine. Adorant les sols humides des pots d’intérieur, elles y trouvent l’endroit idéal pour se reproduire et mourir. Elles pondent leurs œufs dans le terreau, jusqu’à 400 par ponte. De ces œufs éclosent, après quelques jours, des larves qui commencent à se nourrir des racines pour se développer. Au bout de trois semaines, elles se transforment en nymphose, puis se métamorphosent en mouches adultes.
Comme on le voit, la reproduction de ces insectes est rapide et massive. La mouche de terreau peut causer de véritables ravages, parfois irréversibles, sur les plantes. ce qui fait d’elle l’un des parasites du cannabis les plus redoutables.

Comment détecter les moucherons du terreau ?
Il est parfois difficile de détecter ce ravageur avant qu’il ne soit trop tard. Lorsqu’une plante est infectée, elle peut présenter plusieurs symptômes. Tout d’abord, la plante cesse de croître et ses feuilles commencent à perdre de leur couleur et de leur vigueur. En outre, la mouche du terreau peut être porteuse de plusieurs types de champignons, tels que Pythium, Phytophtora, Fusarium, Verticilium ou Botrytis, qui peuvent tuer définitivement la plante.
La meilleure façon d’identifier la mouche noire est d’observer attentivement le sol, car c’est là qu’elle vit. Lors de l’arrosage, on peut tapoter le pot pour secouer la terre. On verra alors les mouches adultes courir sur le sol ou s’envoler. Elles ne se déplacent généralement pas sur les feuilles ou autour de la plante, mais restent presque tout le temps posées sur le sol.
Pourquoi la mouche sciaride apparaît-elle ?
Ce ravageur est très courant dans l’agriculture et les jardins, en particulier dans les serres ou les cultures d’intérieur. Il apparaît généralement lorsque l’humidité est supérieure à 70 % et que la température est supérieure à 23 °C. Or ces conditions sont tout à fait plausibles voire normales dans une culture de cannabis en intérieur.
De plus, ces mouches aiment l’humidité permanente et affichent une prédilection pour les sols gorgés d’eau.
Que faire pour éliminer la mouche de terreau ?
Une fois que vous avez identifié la présence de ce nuisible gênant, il est temps d’agir rapidement. Plusieurs options sont possibles.

Sécher le sol
Comme nous pouvons le constater, les moucherons du terreau aiment les sols très humides. Il peut donc s’avérer judicieux de laisser sécher la couche supérieure du pot entre deux arrosages. Le problème est que cela ne convient pas à tous les types de plantes.
Enlever les feuilles mortes
Une autre étape importante est de garder à l’esprit que cet insecte se nourrit de matière en décomposition. Par conséquent, si les feuilles mortes restent tombées sur le substrat, nous nourrirons les mouches et les encouragerons à continuer à se mutltiplier.
Utiliser de la vermiculite
On peut aussi recouvrir la surface du substrat d’un amendement naturel tel que la vermiculite. Cela empêchera les mouches de pondre de nouveaux œufs et empêchera l’éclosion des œufs déjà pondus dans le sol. Il suffit d’étaler une couche d’environ 3 cm d’épaisseur.
Pièges photochromatiques
Ce type de piège se compose de bandes adhésives colorées, généralement jaune, qui attirent les insectes qui s’y collent. Ils ne permettent pas d’éradiquer le parasite, puisque nous avons vu que le problème se concentre dans le substrat. Touefois, ils contribuent à réduire le nombre de mouches et permettent d’identifier avec certitude le type d’insecte à l’origine du problème.
Le savon de potassium
Le savon potassique est l’un des produits les plus utilisés dans les cultures pour le traitement de certains ravageurs tels que les pucerons, les aleurodes, les champignons tels que l’oïdium ou la mouche noire dans le substrat. Comme si cela ne suffisait pas, il apporte également à la plante un supplément de potassium. Dans ce cas, le produit s’applique dans l’eau d’arrosage. Au cas où les feuilles développeraient aussi des champignons, l’utilisation d’un fongicide devra être envisagée.
L’huile de neem
L’huile de neem est un insecticide biologique très utilisé dans le monde entier, en raison de sa grande efficacité. Elle s’obtient à partir des fruits et des graines du margousier, une espèce originaire de l’Inde. Le principe actif de cette substance est un composé toxique appelé azadirachtine. Il agit à la fois par contact et par ingestion pendant le stade larvaire, avec une efficacité redoutable

Utiliser des nématodes
Les nématodes sont des vers microscopiques que l’on trouve dans le commerce sous forme de poudre spéciale à mélanger à l’eau d’arrosage. Ces nématodes attaquent les larves pour les parasiter et s’en nourrir. Il s’agit d’une solution biologique, utilisant des organismes vivants. Par conséquent, il faut veiller à ce que ces organismes jouissent de conditions de vie optimales. Veillez donc à ce que le sol soit légèrement humide lorsque vous introduisez les nématodes.
La terre de diatomée
La terre de diatomée constitue aussi un remède naturel efficace pour lutter contre la mouche du terreau. Elle se compose de restes fossilisés de microalgues aquatiques appelées diatomées. Ces restes microscopiques présentent des structures très pointues qui endommagent la couche protectrice des insectes. Ceux-ci finissent par mourir de déshydratation. Il convient de préciser que les diatomées n’agissent que sur les mouches adultes au-dessus du substrat, mais qu’elles affectent pas les larves sous terre. Il est donc opportun de combiner cette méthode avec d’autres mesures de lutte, comme le savon de potassium, à titre d’exemple.
Remplacer le terreau
Il s’agit de la solution la plus radicale et elle ne doit être mise en œuvre que si la situation est très grave. Elle s’attaque littéralement à la racine du problème. Cependant, un changement de substrat peut s’avérer très stressant pour la plante. En outre, nous ne serons pas totalement sûrs qu’il n’y a plus d’œufs ou de larves, c’est pourquoi il est préférable de combiner cette méthode avec d’autres moyens pour que le traitement soit sûr à 100 %.
Vous connaissez désormais quelques remèdes pour lutter contre une infestation de mouches du substrat. Toutefois, la meilleure solution reste indiscutablement la prévention, permettant d’éviter à tout prix son apparition. Dans ce but, maintenez une humidité suffisante et n’arrosez pas excessivement, en permettant à la partie supérieure du substrat de sécher complètement, comme indiqué au début de cet article. On peut recourir à tout moment à la vermiculite pour prévenir ce type d’infestation.









