Après la lutte sans répit de diverses organisations pendant plusieurs années, l’Argentine légalise enfin le cannabis médicinal. Les associations Mama Cultiva et Cameda ont passé ces dernières années à proposer un système fiable pour l’introduction du cannabis médicinal, obtenant finalement le droit de réaliser un vote. Le mercredi 26 novembre 2016, la Chambre des Députés de la Nation d’Argentine vota une loi qui mettrait de l’huile de cannabis à disposition d’une série de patients pour soulager leurs douleurs, avec une majorité absolue de 221 votes. Ces organisations sont formées par des familles de malades qui utilisent quotidiennement le cannabis dans leurs thérapies.

Certaines des figures politiques les plus importantes d’Argentine sont déjà depuis longtemps en faveur du cannabis, comme les députés Leandro Busatto, Danilo Capitani ou Paco Garibaldi. L’ex ministre de la santé, Miguel Capiello, considère le cannabis comme un médicament de plus, car l’un de ses enfants souffre de crises d’épilepsie et a besoin des propriétés médicinales de la plante pour se soigner.

En Argentine, l’huile de cannabis est utilisée depuis longtemps pour traiter différentes maladies, mais toujours de manière clandestine, avec des extractions que les gens réalisent eux-mêmes chez eux. L’auto culture n’a pas été dépénalisée, mais ce qui a été réalisé a été présenté dans un programme, dans lequel le gouvernement fournira de l’huile cannabique à une liste précise de patients enregistrés. La présidente de Mama Cultiva, Valeria Salegh, assure être une utilisatrice responsable qui souhaite simplement soigner son fils. Elle reconnait que son fils est constamment dopé, car il doit consommer des médicaments en continu et que cette situation n’est plus supportable pour elle. Elle argumente avec une simple goutte d’huile de cannabis, qui est parvenu à calmer assez son fils au point qu’il puisse la regarder dans les yeux en lui adressant un sourire.
Cette huile est utilisée pour traiter les douleurs résultantes d’un traitement médical, comme le glaucome, la fibromyalgie, les scléroses en plaque, le cancer et l’épilepsie, mais aussi dans le traitement des effets secondaires comme les douleurs en général, le stress, la dépression etc…
La loi promet le développement et la production industrielle du cannabis, afin de réaliser des extractions et d’autres formes de médicaments à base de l’huile de cannabis.
Pour le moment, le gouvernement importera son huile, jusqu’à être capable de la produire elle-même, étant sous la responsabilité de l’Institut National de Technologie Agricole. Le projet est connu sous le nom d’Anmat, et sera en charge de distribuer les permis qui permettent aux patients de s’enregistrer dans le programme.

Les organisations en charge du promouvoir cette loi sont satisfaites du résultat, car bien qu’elle ne dépénalise pas l’auto culture, l’état et ces organismes se sont accordés sur des termes plutôt favorables. La loi compte un total de 10 articles, et fait part de la suppression de l’Article 5 de la loi des drogues, qui pénalisait clairement les producteurs de cannabis avec de la prison.
Nombreuses ont été les célébrités internationales à avoir manifesté avec Mama Cultiva, en prenant des vidéos pour appuyer cette initiative qui permet aux gens de culture chez eux, en répétant la phrase : « l’existence d’un réseau de santé public ne dépend pas de l’industrie pharmaceutique et sa conception mercantile de la médicine, consolidant le droit à la santé comme bien social et humanitaire ».
D’autres pays de l’Amérique du Sud, comme l’Uruguay, le Chili ou la Colombie comptent déjà sur un système de régulation du cannabis médicinal, en espérant que les pays rejoignant la liste ne cessent d’augmenter !


