Le cannabis et la musique ont toujours avancé main dans la main. Beaucoup de gens vont par exemple directement relier le Reggae et Bob Marley à l’idée du cannabis et de sa défense, autant présentes dans les textes, photos, et apparitions publiques de la star.
Ceci a beau être l’exemple le plus connu, il n’en est pas moins un cas rare, puisqu’énormément de chanteurs cherchent et trouvent de l’inspiration avec le cannabis. Certains le rendent public, d’autre chantent pour la défendre, alors que d’autre la fument en plein concerts pendant la performance.
Il est très intéressant de se pencher sur le pourquoi de la relation si étroite entre la musique et le cannabis. En effet, différentes études en parlent, mais l’abondance sur le sujet n’est point, probablement à cause de la législation prohibitive appliquée dans encore beaucoup de pays à l’égard du cannabis.
Comment la musique et le cannabis fonctionnent ensemble?
Pour commencer, tout part du simple constat qu’il a été remarqué que les gens qui consommaient du cannabis appréciaient également écouter de la musique en même temps. Il est souvent attribué au cannabis qu’il est capable de développer la fibre artistique, créative et imaginative chez son consommateur, il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’une personne contemple et apprécie différemment un art, quel qu’il soit, selon s’il est sous influence de cannabis ou non. Mais pourquoi la musique est plus mise en avant que la peinture, la sieste, ou le cinéma ? Certains s’accordent à dire que cela viendrait d’un lien culturel très fort qui lierait ces deux éléments. Ici l’image de Bob Marley et du cannabis atteste de cette idée.

D’un côté plus scientifique, les études prouvent que le cannabis agit comme un booster psycho-acoustique, il est donc à même de faire focaliser le cerveau sur quelque chose en particulier tout en offrant un spectre plus large d’interprétation. Que l’on soit bien d’accord, le cannabis ne change pas la musique, ni le fonctionnement de vos oreilles, mais il change bien la manière dont vous percevez la musique, en imposant un état de relaxation plus prononcé, totalement poussé par l’écoute de la musique, c’est ce que j’appelle le double effet Kiss Cool.
Au niveau cérébral à présent, mais sans rentrer dans des détails trop barbants, le cannabis et la musique agisse dans le même but dans notre cerveau, vous rendre euphorique et vous faire profiter de l’instant présent, en agissant sur la production de dopamine. On parle d’effet synergique dans ce cas, car les deux partis fournissent une réponse émotionnelle (autre effet Kiss Cool) pour en former une encore plus dominante. Avec un électrocardiogramme, il est possible de constater que suite à la consommation de cannabis, les individus affichent des performances de fonctionnement très élevées dans le cortex mettant en lien la musique, le temps et l’espace. Les résultats montrent aussi de très bonnes capacités à la résolution de problèmes et développement de stratégie. Grossièrement, on pourrait dire que les Geek ont les puzzles et les Rubik’s Cube, et les Stoners ont la musique.
Le Cannabis et ses effets négatifs qui s’avèrent être bons pour l’écoute musicale:
Le cannabis est également connu pour faire perdre la notion du temps, et c’est précisément dans cet « aspect négatif » au premier abord que réside une explication sur pourquoi les consommateurs de cannabis sont plus à même de voir la musique différemment et de manière plus prononcée. Nous sommes d’accord pour dire que dans la vie, tout est une question de timing : le travail, la performance, la chance, le sexe, et forcément… la musique ! Le timing dans l’enchainement des notes et le tempo rythment nos chansons préférées, une perte de la notion du temps suite à la consommation de cannabis entrainera donc forcément une distorsion dans l’interprétation de la musique, mais pas à mal puisque sous l’emprise de cannabis, l’individu devient plus sensible aux changements de fréquences, ce qui lui permettrait de profiter d’une plus large palette de sons.

Autre effet secondaire peu apprécié, la perte de mémoire à court terme, peut aussi être à l’origine de la relation si forte qui unit musique et cannabis. En effet, dans le contexte où vous êtes incapables de vous rappeler où vous venez de poser la télécommande il y a 30 secondes, difficile de vous demander ensuite ce que vous avez pensé de l’intégralité d’un morceau de musique de 4min… Tout s’explique par un « flou positif », intervenant suite à la consommation de cannabis, qui va donc flouter les bordures des différentes zones du cerveau. Cette action va être très intéressante lors de l’écoute de musique car elle permettra d’écouter bien plus profondément. Ici, le sujet ne cherchera pas à sentir la musique, mais plutôt à l’écouter sans retenues ni penser à la prochaine seconde de musique, c’est-à-dire dans ses moins détails des notes. Cette décomposition à l’instant permettrait de profiter pleinement de ce que vous écoutez. Les artistes mais aussi les simples consommateurs se rejoignent pour dire qu’en consommant du cannabis, la musique avait plus de textures et de reliefs à exploiter.
Enfin, avant de passer à une petite liste de chansons qui parlent de cannabis, parlons de la complémentarité dans certains cas entre l’herbe et la musique. Même si nous avons vu que les 2 pouvaient se tirer l’un l’autre vers le haut, dans le cas d’un excès de cannabis, certains sentiments négatifs comme l’anxiété et la paranoïa peuvent surgir. Ici, la musique permet de se dégager des côtés difficiles du cannabis en agissant comme tampon sur le cerveau en donnant de la dopamine par un autre biais que la plante.
Comme promis, c’est maintenant l’heure de la playlist de musiques plus ou moins connues qui parlent en faveur du cannabis:
Louis Armstrong – Muggles (1928)

Les années 20 étaient bien plus heureuses que nous le pensons grâce à un cannabis qui n’était pas illégal à l’époque. Le roi du Jazz, Louis Armstrong, composa une chanson instrumentale dédiée à l’herbe qui fait rire, la Muggle, dont il était un consommateur habituel.
Bien qu’elle ne comporte aucune parole, tout le monde sait que cette chanson est dédiée au cannabis, car les Muggles étaient ce qu’on appelait auparavant les joints/pétards.
Black Sabbath – Sweet Leaf (1971)

Ozzy Osbourne ne prenait certainement pas que du cannabis pour s’inspirer musicalement, mais c’est une substance que le chanteur et son groupe appréciaient énormément. En son honneur, ils ont donc composé un hymne, Sweet Leaf, dans lequel ils expliquent que la toux qu’on entend au début vient du guitariste, Tony Lommi, après qu’il ait tiré sur un pétard un peu trop profond pour lui. Bien que la musique soit basée sur des cris et des sons très durs, elle demeure une lettre d’amour écrite au cannabis, grâce auquel ils ont réussi à créer beaucoup de paroles pour leurs chansons.
Bob Marley & The Wailers – Kaya (1971)

Si vous cherchez une figure influente dans le monde du Reggae, Bob Marley restera surement indétrônable, car ce génie de la musique était capable de toucher directement au cœur de ceux qui l’écoute. En utilisant la musique typique de sa culture, le chanteur fait ressurgir le mouvement Rastafari dans un moment où il était en décadence, en plus de diffuser un grand message de liberté, de paix et d’amour dans ses textes. Tel un bon Rastafari, Bob consommait régulièrement du cannabis, produit qui selon ses lois ne doit pas être gâché, au même titre que tout ce que la Terre met à notre disposition. Dans ses paroles, on retrouve facilement de nombreuses références à son amour pour le cannabis, puisqu’il l’utilisait comme source d’inspiration et de composition. Dans Kaya, le chanteur de la vie d’un Rastafari au quotidien.
Peter Tosh – Legalize It (1976)
Directement, et sans se cacher, Peter Tosh demanda la légalisation du cannabis. Tosh, Rastafari avant Bob Marley, laissa son groupe parce qu’il trouvait qu’il s’occidentalisait. Son premier album solo prit le même titre que cette chanson, Legalize It, et reste un hymne à la quête de la légalisation du cannabis.

Los Rodríguez – Aquí no podemos hacerlo (1995)

La première chanson en espagnol du groupe Los Rodriguez, avec le génie Andrés Calamaro, dans laquelle il chante sur un sujet ouvert. Beaucoup de personne pensait que la chanson parlait d’une fille noire, mais le double sens du blues et la base de Reggae laissait transparaitre que les paroles étaient plus à destination d’un caillou de haschich que d’une fille.
Melendi – Lagrimas desordenadas (2006)

Impossible de conclure cet article sans parler de Melendi, ce chanteur qui fut sorti d’un avion pour s’être allumé un joint pour se relaxer. Ses larmes désordonnées est une chanson qui parle d’un jardin de joie. En ajoutant l’amour invétéré du chanteur envers le cannabis, la conclusion sur le message de la chanson est claire.
Dans d’autres mesures, les choses sont différentes aujourd’hui, et les artistes des pays où le cannabis est autorisé n’en sont plus à faire une petite chanson pour montrer leur amour envers cette plante. Aux États-Unis par exemple, on ne parle plus de Snoop Dogg et ses nombreuses actions et entreprises dans le secteur. Cet élan de businessman a été suivi par pléthore d’autres artistes qui ont trouvé ici une manière différente et très à jour de montrer leur goût prononcé pour le cannabis, tout en s’assurant un maximum que cela ne passe pas inaperçu. Il existe même un service de musique, Hi-Tunes, qui cherchent à repenser comment le cannabis peuvent faire bon ménage, en proposant d’utiliser le cannabis comme distributeur de musique. L’idée est de proposer aux artistes de s’afficher sur des variétés de cannabis en devenir, en proposant de coupler la variété en question avec une chanson de l’artiste intéressé par l’idée, en permettant au client qui achètera le joint pré-roulé de la télécharger gratuitement.
À vous maintenant, dîtes-nous ce que vous pensez du rôle de la musique quand vous consommer du cannabis en commentaire.
Si vous avez déjà eu quelques surprises à découvrir un sens caché auteur du cannabis dans une chanson que vous aimez, n’hésitez pas à nous le dire !!


