Le compostage et le vermicompostage sont des techniques qui servent à décomposer les résidus organiques et les transformer en un des meilleurs aliments existant.
Dans ce processus interviennent une grande quantité de micro-organismes, quelques invertébrés ainsi qu’une légion de champignons qui seront à même de transformer, avec les conditions adéquates, n’importe quel résidu organique généré que cela soit des restes alimentaires ou des restes végétaux.
Le vermicompost est une forme de compostage ou seul les vers de terre interviendront. L’Eisenia Foetida communément appelé le vers du fumier est une des espèces de vers utilisé principalement pour la vermiculture, en raison de sa remarquable capacité à transformer des matières organiques en vermicompost. Ce type de compost n’est en soi que des excréments de vers de terre mais c’est l’un des engrais organiques qui ne devrait pas faire défaut à aucun cultivateur qu’il soit d’intérieur ou d’extérieur pour ses extraordinaires qualités. Les lombrics sont considérés comme les architectes des sols fertiles.
Le lombricompostage (ou vermicompostage) est un procédé naturel qui transforme en présence d’oxygène (aérobiose), la matière organique, en un produit ressemblant à de la terre appelée humus. L’humus désigne l’ensemble des couches du sol qui contiennent la matière organique. La litière correspond à la couche superficielle de l’humus. Dans une zone boisée, elle est constituée de feuilles en surface et d’une sous-couche de débris de feuilles.
Avec cet article, nous vous apprendrons comment élaborer facilement et à moindre cout votre compost. En premier lieu, vous devrez choisir la technique qui vous conviendra le mieux. Le compostage sera une bonne alternative si vous avez du temps et de l’espace dans le cas contraire et pour des espaces plus réduits, le vermicompostage sera votre planche de salut.
Si vous vous décidez pour faire du compostage classique, nous allons vous apprendre comment élaborer une composteuse à base de palette de manutention bien que vous pourriez la fabriquer avec bien d’autres matériaux (Ciment, métal, plastique…). N’importe quelle caisse pourra vous servir pour expérimenter.
Vous devrez installer votre composteuse dans un endroit où la température est la plus stable possible et protégé aussi bien de la chaleur du soleil estivale que des pluies hivernales et si possible à même la terre afin de permettre aux insectes potentiels qui se trouve dans votre jardin de se frayer un chemin. Vous devrez délimiter une superficie d’1m² avec les palettes en les disposant à la verticale comme s’il s’agissait de 4 murs. Vous pourrez éventuellement créer une ou deux composteuses additionnelles au cas où la matière organique se compact que vous puissiez la transvasez dans un autre récipient. Il est important que le type de construction que vous choisirez soit le plus versatile et mobile possible ; par exemple, un couvercle et des murs mobiles, vous faciliteront l’accès à la matière organique. Une fois que vous aurez monté les parois, ce sera le moment de remplir la composteuse de matière organique. On peut utiliser des restes de tailles, des herbes du jardin, des restes organiques végétaux de votre cuisine, des coquilles d’œufs, du papier et même du carton. Par contre, vous ne devrez JAMAIS utiliser de matière non organique, de papier avec de l’encre ou traité, du matériel végétal avec des restes d’engrais, des médicaments ainsi que des excréments d’animaux carnivores.

Premièrement, vous devrez placer une couche de 15 cm de branches d’une épaisseur moyenne qui permettra à l’air de circuler dans le compost par dessous pour l’oxygénation du mélange. Vous continuerez en remplissant avec un mélange de matière verte et de matière sèche qui proportionnerons les conditions idoines en terme d’humidité, de texture et de nutriments, en apportant de l’azote et du carbone. Vous garderez une proportion de deux parts de matière verte pour une part de matière sèche en vous assurant que tout est bien mélangé.
Vous n’aurez plus qu’à maintenir des conditions optimales d’oxygénation et d’humidité.
Dans le cas où le compost se compact de trop ou s’il commence à sentir mauvais, il est probable que le compost dispose de trop d’humidité. Dans un cas similaire, vous devrez renversez le compost dans un autre emplacement afin d’aérer de nouveau le compost. Si au contraire, le mélange se sèche en excès, il vous suffira de mouiller le compost pour que le processus de compostage continu.

Si tout se déroule comme prévu, le mélange commencera à se transformer en passant par diverses étapes. La première phase dure quelques jours, c’est quand le tas de compost commence à être colonisé par les bactéries aérobies et que s’entame la décomposition. En conséquence de l’activité des bactéries, le mélange commencera à chauffer et pourra atteindre des températures de l’ordre de 80 °C.
A cette température, le compost sera stérilisé des larves et des graines indésirables. Pendant la deuxième étape, vous pourrez apprécier comment votre tas de compost diminue, à ce moment vous pourrez rajouter de la matière mais toujours en respectant les proportions de matière verte / matière sèche. Avec le temps, la température diminuera et le mélange aura été décomposé en un riche compost grâce à l’action combinée des vers, cochenilles, bactéries et autres invertébrés, à l’exception des restes ligneux plus épais.
La matière organique sera totalement décomposée quand elle présentera une couleur marron foncé presque noire et avec une odeur de sous-bois. Le processus entier prendra entre 5 et 6 mois, la transformation est lente et il vous sera nécessaire de garder un œil sur le compost afin de maintenir de bonnes conditions d’humidité pour éviter qu’il se compacte, pourrisse ou ne sèche ce qui paralyserait le processus. Mais l’attente en vaut la peine, vous obtiendrez au bout du processus le meilleur aliment que vous puissiez donner à vos plantes.
Le compost présente de très bonnes qualités parmi lesquelles il convient de souligner :
- Il apporte de la matière organique dans le sol.
- Il aidera au développement de structure radiculaire saine et forte.
- Il allègera les sols argileux en améliorant le drainage.
- Il apportera de la densité aux sols sablonneux en améliorant la rétention d’eau dans le sol.
- Il améliorera le pH (l’acidité et la basicité/alcalinité) du sol.
- Il réduira la demande en eau de la végétation environnante.
- Il aidera au contrôle de l’érosion.
- Il réduira le stress des plantes en période de sécheresse ou de gelée.
- Il enrichi en vitamines et minéraux les produits cultivé dans des sols riche en humus.
- En l’appliquant généreusement dans le sol, il peut remplacer totalement les fertilisants pétrochimiques.

Si vous désirez plutôt tenter l’expérience du vermicompostage, sachez que le lombricompost, aussi appelé vermicompost ou humus de lombric, est catalogué comme un des meilleurs engrais existant aujourd’hui. Dans ce cas précis, le processus de décomposition est réalisé par des vers de terre, l’Eisenia Foetida, un hybride du vers de terre californien. Ils mangent de la matière végétale en décomposition et rejettent ensuite les déchets en petits turricules qui enrichissent le sol. Les conditions au sol idéales pour eux sont une température comprise entre 16 et 26° Celsius, un taux d’humidité de 75 à 85 % et un pH de 6.5 à 8, ainsi que, bien entendu, de la matière organique à manger. (Fumier, végétaux morts…). Ces vers tolèrent mal les températures en dessous de 4 et plus de 33° Celsius. Ces animaux respirent par l’épiderme en présence d’humidité. Un taux trop bas d’humidité les empêchera de respirer et de se mouvoir. À l’air libre, ils se dessèchent rapidement. Mais la caractéristique la plus impressionnante est qu’Ils peuvent ingérer l’équivalent de leur propre poids de sols et de matière organique par jour et en produire autant de vermicompost. Sa durée de vie dépend principalement des conditions ambiantes. En milieu artificiel, un Eisenia peut vivre plus de deux ans alors qu’en milieu naturel il pourra atteindre les 4-5 ans.
Les vers de terre sont hermaphrodites, ils portent à la fois des organes reproducteurs mâles et femelle. Ils doivent néanmoins s’accoupler pour se reproduire En général, un ver adulte peut produire 2 à 3 cocons par semaine. Au bout de 3 semaines, le cocon produit 1 à 4 vermisseaux qui mettront entre 1 et 6 mois pour devenir adulte. La croissance de la population de vers dépend fortement des conditions dans lesquelles elle se trouve. Ainsi, à 10°C, un cocon mettra 6 mois pour devenir adulte contre 2 mois à 25°C. La densité influe également, une densité de 25 vers par litre assure la meilleure fertilité. Dans de bonnes conditions, une population de vers peut doubler chaque jour. Les petits vers atteignent leur maturité sexuelle à 3 mois.
Il est important pour la santé de vos vers de leur fournir de la nourriture de façon régulière soit une ou deux fois par semaine. Cependant, tous les aliments et produits ne seront pas apte à être consommé ; vous pourrez :
Donner régulièrement :
- Fruits, légumes, herbes, céréales et légumineuses crus ou cuits,
- Pelures, pépins, café moulue, thé et tisanes, pâtes alimentaires, écaille de noix d’arachide et de graine.
Donner en petite quantité :
- Pain, riz et pelure d’agrumes (trop acides).
Ne jamais donner à vos vers :
- Pelure de fruit ou légume qui sont recouvert de pesticide, de produit chimique.
- Tout produit d’origine animale, (Poisson, viande, os, graisse, produits laitiers, litière d’animaux
- domestiques).
- Huiles, fritures et matières grasses.
- Condiments (vinaigre, vinaigrette, moutarde, mayonnaise, épices).
- Aiguilles de conifères (trop acides).
- Plante ou feuille morte venant de l’extérieur de la maison (bactérie et insecte indésirable pour
- votre lombricomposteur
- Tabac, cigarettes, gazon traité aux pesticides (contaminant).
- Les résidus domestiques dangereux (contaminant toxique).
- Les matières non-biodégradables, synthétique et les poussières de maison.
Chez Growbarato.net, vous pourrez trouver un vermicomposteur économique et aux dimensions parfaites que vous pourrez placer sur n’importe quelle terrasse ou pièce de votre habitation, en effet, un processus de vermicompostage bien mené est inodore. Le vermicomposteur est un système de plateau superposé. Le plateau inférieur recevra le lixiviat ou Black Gold qui servira également d’engrais pour vos plantes que vous utiliserez dilué à une dissolution d’une part de « Thé de vers » pour 10 L d’eau (De pluie de préférence) Sur certains modèles du commerce de vermicomposteur, vous trouverez un robinet qui vous permettra un accès facile à ce jus d’exception. Le reste des plateaux disposent de petits trous qui serviront de route d’accès à vos vers.

Dans le plateau juste au-dessus du plateau inférieur vous placerez la litière à vers. La litière est la matière dans la quelle vos vers vont vivre dans votre lombricomposteur. La litière peut être composée d’une grande variété de matériaux: du terreau ou de la terre noire mélangée à du papier journal, du carton ondulé déchiqueté. La litière devrait toujours être humide. Une fois que vous aurez rempli ce plateau, vous pourrez placer la suivante en y plaçant des déchets organiques. Quand les vers de terre auront terminé de consommer les aliments d’un plateau, ils remonteront par les trous mis à leurs dispositions en recherche de nourriture laissant le plateau uniquement avec de l’humus parfait et libre d’impuretés.
En plus de l’humus, vous récolterez approximativement de un à deux litres de Black Gold par mois. Vous aurez ainsi une grande quantité d’engrais de forme gratuite et renouvelable pour toutes les plantes de votre environnement, rien qu’en recyclant.
Certains des bénéfices d’appliquer de l’humus à vos plantes seront :
- Favoriser la formation de mycorhizes.
- Augmenter la résistance des plantes face aux épidémies et aux agents pathogènes.
- Inhiber le développement de bactéries et de champignons qui pourraient affecter votre plante.
- Son pH neutre lui assure de pouvoir être utilisé sans risque sur des plantes délicates.
- Contribuer au maintien et au développement et à la diversification de la micro-flaure et de la micro-faune du sol.
- Favoriser l’absorption radiculaire.
- Réguler l’accroissement et l’activité des nitrites du substrat.
- Faciliter l’absorption des éléments nutritifs par la plante.
- Apporter et augmenter la disponibilité de l’azote, du phosphore, du potassium, du soufre, du bore en les libérant lentement.
- Augmenter la porosité des sols en permettant ainsi une meilleure respiration.
- Eviter et combattre la chlorose ferrique
- Améliorer les caractéristiques chimiques des sols grâce à ses hauts niveaux d’acides humique et fulviques
- Augmenter la résistance de la plante face au gel.
Comme vous pouvez le voir, il n’y a rien de sorcier à faire vous-mêmes vos amendements de manière 100 % biologique et naturelle. Le seul inconvénient du compostage, surtout pour les agriculteurs urbains est la place que peut prendre le dispositif, il vous faudra au minimum 1m² et assez de place pour pouvoir vider la composteuse le cas échéant. Si vous commettez une erreur lors du compostage, la matière pourrira et avec elles viendront des odeurs nauséabondes alors qu’en vermicompostage, l’odeur ne sera jamais un problème.
Nous vous encourageons vivement à tenter l’expérience de la vermiculture sur un petit espace, vous serez impressionné par l’efficacité du système, par le peu d’entretien qu’il nécessite et surtout par les grands bénéfices que celui-ci vous apporte.


