On a tous déjà eu vent, par un ami ou par personne interposée, d’une anecdote mettant en scène une overdose aux champignons hallucinogènes ayant mal tourné. Qui n’a pas entendu parler de quelqu’un qui voyait subitement des hordes d’insectes s’attaquer à lui, ou se sentait poursuivi par des monstres imaginaires. Dans l’inconscient collectif, ces épisodes de paranoïa contribuent au mystère qui règne au sujet de ces substances, souvent redoutées par ceux qui ne s’y sont pas encore essayé.
Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, les champignons magiques ne provoquent pas d’addiction. Il sont considérés comme l’une des drogues douces présentant la plus faible toxicité. Il existe d’ailleurs une unanimité des toxicologues et des addictologues à ce sujet. Le problème est cependant plus complexe qu’il n’y paraît. C’est pourquoi il convient ici de redéfinir certains concepts.
Dépendance vs accoutumance
L’addiction est une dépendance très forte d’une personne à une substance ou à des stimuli, de sorte que le sujet concerné ressent la nécessité de recommencer sans cesse l’expérience. S’il n’est pas en mesure de satisfaire ce besoin, le sujet expérimente alors divers symptômes caractérisant l’état de manque.
Au fil du temps, ce manque mène à une conduite compulsive devenant incontrôlable, qui encourage le consommateur à augmenter constamment le dosage. À terme, cela risque d’entraîner de graves conséquences sur la santé physique et mentale, en générant un sentiment d’oppression, mais aussi des effets secondaires que provoquent certaines substances en cas de surdose.
Il est important de bien comprendre ce concept de surdosage, car on peut établir un parallèle avec d’autres substances ne créant pas de dépendance. C’est par exemple le cas de certains médicaments ou de la psilocybine, la molécule présente dans les champignons magiques.
Ce phénomène est connu sous le terme de tolérance ou d’accoutumance. Comme son nom l’indique, le consommateur s’habitue à une quantité déterminée d’un principe actif, d’un stimulus ou d’un aliment. Par conséquent, cette situation l’encourage à intensifier la dose à chaque prise ou au bout de quelques prises. À long terme, une accoutumance prononcée peut entraîner des conséquences fâcheuses pour le bien-être de la personne concernée ou pour sa santé, à l’instar des drogues les plus addictives.
Qu’en est-il des champignons magiques ?
Nous avons évoqué dans un autre post les perspectives prometteuses offertes par le microdosage des champignons magiques dans le domaine thérapeutique. Les nombreuses études concluantes réalisées à ce sujet expliquent les grands espoirs placés par les partisans des médecines alternatives dans les champignons magiques. Toutefois, ces chercheurs sont arrivés à certaines conclusions moins flatteuses sur le surdosage. C’est pourquoi ils consacrent leurs recherches sur la façon de bénéficier de ces bienfaits au moyen de doses réduites.

Au-delà du surdosage proprement dit, le premier risque semble de couler de source, mais il n’est pourtant pas évident aux yeux de tous. En effet, il arrive que certaines personnes initient le rituel de consommation de ce qu’ils pensent être des champignons hallucinogènes, alors qu’il s’agit en réalité de champignons impropres à la consommation, tels que l’amanite tue-mouches. La plupart de ces champignons vénéneux représentent un sérieux danger pour l’organisme en cas de dosage élevé. Or la différence avec les champignons magiques est parfois imperceptible pour les non-initiés au moment de la cueillette.
Effets secondaires légers en cas de surdosage aux champignons hallucinogènes
Il convient de rappeler que, malgré leurs traits communs évidents, chaque espèce de champignons hallucinogènes présente des caractéristiques propres. Par conséquent, les conséquences du surdosage se manifesteront également sous différentes formes. Pour effectuer des études mycologiques en laboratoire, on peut trouver des champignons hallucinogène par kit auprès d’organismes spécialisés. Parmi les variétés dont les effets font régulièrement l’objet de recherches, citons Golden Teacher, Mazatapec ainsi que le champignon 100 % Mexicain, Thaï ou Amazonien.
Comme pour toute drogue douce ou substance psychédélique, les bienfaits s’accompagnent souvent d’effets secondaires, même en cas de dosage raisonnable. Ceux-ci peuvent se manifester, parmi une liste non-exhaustive, sous la forme de nausées, accélération du rythme cardiaque, pertes d’équilibre, vertiges, anxiété, tremblements, hausse de la pression artérielle, etc.
Symptômes de l’overdose aux champignons hallucinogènes
Comme mentionné ci-dessus, les champignons hallucinogènes présentent une toxicité et un risque de surdosage très faibles. Dans le cas très improbable où elle se produirait, une overdose aux champignons hallucinogènes pourrait aller jusqu’à causer des convulsions, voire la mort par arrêt cardiaque. On n’a toutefois recensé à ce jour aucun cas de décès directement provoqué par une dose létale de psilocybine.
Il existe néanmoins un risque réel de surdose mentale, qui n’est mortellement dangereuse que dans une infime minorité de cas. On associe parfois à tort ces circonstances à une véritable overdose.

Dans la grande majorité des situations, cette overdose mentale peut se caractériser par des symptômes que l’on dénomme vulgairement par l’anglicisme bad trip. Celui-ci se manifeste par un profond sentiment d’insécurité ou par des crises de panique pouvant conduire à des comportements de l’ordre de la paranoïa. En outre, cet état est souvent exacerbé par l’incertitude du moment du retour à l’état normal, qui constitue une réelle source d’angoisse.
L’importance de l’environnement
Différents facteurs sont susceptibles de créer un terrain fertile pour ce type de situation. Si la personne présente une vulnérabilité psychologique temporaire au moment de la consommation, cela pourrait favoriser l’amplification des effets indésirables. Il faut y ajouter la difficulté d’évaluer le niveau de danger lorsque l’on se trouve sous l’effet d’une substance hallucinogène.
Il convient donc de s’entourer de personnes de confiance, afin de créer un environnement familier et de pouvoir compter sur leur aide au cas où la situation dégénérerait.
Un autre effet insoupçonné, probablement moins connu, est la réapparition des symptômes quelques jours plus tard. Ils resurgissent généralement à la faveur de la consommation d’autres substances, telles que l’alcool ou des drogues douces. Ce mécanisme, appelé flash-back, peut créer un sentiment très inconfortable de malaise permanent. Il existe, en France et en Europe, plusieurs cas de crises ayant atteint leur paroxysme et conduit à des suicides ou tentatives de suicide.

Ces conclusions ne se veulent pas alarmantes, et ne remettent nullement en cause les avancées thérapeutiques que pourrait apporter la psilocybine, en cas de légalisation à des fins médicales. Il s’imposait toutefois de sensibiliser le lecteur aux dangers de l’overdose aux champignons hallucinogènes.
N.B. : cet article a été écrit à titre purement informatif. Nous n’encourageons nullement le lecteur à faire pousser ou à consommer des champignons magiques si la législation en vigueur le lui interdit.


