Les cultivateurs de cannabis sont toujours à la recherche de nouvelles façons d’augmenter soit la qualité, soit les rendements de leurs cultures. Les plantes de cannabis présentent une croissance et une structure importantes qui favorisent et acceptent bien le palissage. De nos jours, il existe diverses options telles que la taille des plantes ou les techniques de palissage, low et high stress training, qui visent à maximiser le développement des pieds. Voyons donc dans cet article, comment palisser les plantes de cannabis.
Techniques de palissage
Le palissage consiste à plier ou couper les branches de cannabis, dans le but d’augmenter le rendement en améliorant la distribution de la lumière, et par conséquent favorisant la photosynthèse, ainsi qu’en optimisant l’espace ; en effet, en évitant les entassements, les fleurs pourront mieux se former. Pour ce faire, l’idée est d’orienter les branches vers où vous souhaitez en les attachant à un support à l’aide de filets. Les résultats sont supérieurs et l’investissement est minimum.

Différents types de techniques de palissage
En ce qui concerne les techniques de palissage, deux ‘catégories’ peuvent être identifiées : LST (Low Stress Training) et HST (High Stress Training), voyons par la suite les différences entre celles-ci.
LST (Low-stress training)
Comme son nom l’indique, LST (Low-stress training) ces méthodes sont à faible stress, alors provoquent moins de stress aux plantes, car l’on ne modifie que la structure, sans coupes. Le but est de modifier sa dominance apicale par un développement horizontal. De cette manière, les branches recevront toutes la même quantité de lumière assurant ainsi des fleurs plus homogènes et grandes lors de la phase générative. Tant les cultures en intérieur qu’en extérieur peuvent bénéficier des avantages de cette pratique. Pour les premières, vous pourrez optimiser l’espace et placer plus de pieds dans une même surface, en plus de favoriser une répartition uniforme de la lumière, puisque les lampes ne tournent pas comme le soleil. A contrario, en plein air, il s’agit d’une excellente option afin de contrôler la hauteur des plantes.
Parmi celles-ci, on peut trouver :
SOG (Sea Of Green)
Cette technique, souvent utilisée en intérieur, n’implique pas l’utilisation de cordes ou de filets. L’objectif dans ce cas, est de maximiser la production en plaçant le plus de plantes possibles par m2. Pour ce faire, il est conseillé d’utiliser des pots carrés et de les disposer sans séparation. Il convient de souligner que le SOG nécessite de plus d’arrosages, de plus de contrôle, etc. Bref, il faut être un peu plus attentifs aux plantes.
Pas à suivre :
- Bien désinfecter tous les outils que vous utiliserez.
- Commencer par mesurer votre espace de culture afin de bien planifier la disposition des pieds.
- Il est préférable de commencer par des boutures au lieu de graines dans l’optique d’assurer une croissance plus homogène et gagner du temps.
- Quant aux pots, une bonne option est de commencer par des petits pots pour les boutures (de 1 à 3 litres), puis les transplanter dans des pots de 5 à 6 litres pour que les plantes ne prolifèrent pas trop.
- La croissance, dont le régime lumineux est de 18/6, doit être courte, généralement, pas plus de deux ou trois semaines (ou qu’elles mesurent entre 25 et 30 cm). Pendant cette phase, il faudra tailler les branches latérales dans l’intention de ne pas gaspiller de l’énergie.
- Pour la floraison, passez les pieds à 12/12 et ne plus couper de branches ni de nœuds, uniquement des feuilles s’il y en a en trop.
- En dernier, faites un lavage de racines et récoltez.
Avantages :
- Le rendement moyen par mètre carré est plus élevé.
- Récoltes multiples chaque année.
- Le temps de croissance est plus court.
- Moins de risques de parasites.
Inconvénients :
- Ne convient pas aux cultures avec des graines, il vaut mieux commencer avec des boutures.
- Nécessite de grandes quantités de substrat.
SCROG
Dans l’intention de profiter des rendements grâce à cette technique aussi connue comme ‘scrogging’’, il faut réussir une croissance homogène tant des branches inférieures que des supérieures sur un même plan, en plaçant un filet (appelé aussi écran), juste au-dessus de l’apex en vue de les guider. La culture en SCROG est considérée comme la plus productive et efficace. Contrairement au SOG, dans ce cas, la priorité n’est pas une quantité élevée de plantes, mais plutôt moins de pieds dans des pots plus grands.

Pas à suivre :
- Bien désinfecter tous les outils que vous utiliserez.
- La première chose à faire est d’installer un écran aux petits carrés par-dessus les plantes, afin de garantir une croissance uniforme (environ à 20 cm de la base)
- Lors de la phase végétative, lorsque les plantes atteignent le filet, il suffit de tailler les pointes, de plier et d’attacher les branches au treillis, et qu’elles ne dépassent pas l’écran.
- Continuer durant la phase de floraison et les fleurs commencent à grossir.
Avantages
- Optimisation de l’espace.
- Croissance uniforme.
- Rendements supérieurs.
- Meilleure qualité.
- Meilleure distribution de la lumière.
Inconvénients
- Ne convient pas pour les graines, uniquement pour les plantules.
- Croissance très longue.
- Manipulation compliquée des plantes.
HST : High-stress training (à stress élevé)
Quant aux techniques HST, les plantes utilisent le stress causé par les tailles ou les coupures pour favoriser une réponse du système immunitaire et qui se traduit par croissance majeure et meilleure. Il est important de savoir quand et comment tailler pour bien réussir.
Super Cropping
En ce qui concerne le Supercropping, elle consiste à endommager les plantes dans le but de les stresser et que leur récupération favorise une augmentation de la productivité. À cet effet, il faut plier les branches en appliquant de la pression, faites attention de ne pas les briser ! Quelques jours après, une cicatrice apparaîtra. Le meilleur moment est de la réaliser quelques jours avant de passer à la phase générative.
Si le supercropping n’est pas bien réalisé, le résultat peut être catastrophique ; en plus d’atteindre des rendements plus bas, les défenses des plantes sont plus faibles, donc une invasion peut sérieusement les endommager. C’est pourquoi, cette méthode est apte pour les cultivateurs experts.
Pas à suivre :
- Bien désinfecter tous les outils que vous utiliserez.
- Sélectionner les branches que vous souhaitez travailler. Les branches matures sont les meilleures candidates, le supercropping abaisse les branches les plus hautes afin d’obtenir une canopée homogène.
- Pressez doucement le bas de la branche (à 10 et 20 cm de la pointe) entre votre pouce et votre index tout en la pliant vers la direction que vous souhaitez qu’elle prenne. Répétez avec les branches secondaires quand elles poussent plus.
- Attachez la branche avec une ficelle ou une attache de façon à ce qu’elle pousse dans la direction désirée.
- Il est important de mentionner qu’il est compliqué de trouver l’équilibre pour ne pas causer de dommages, mais la patiente est le facteur clé. En cas de casser une branche, vous pourrez utiliser du scotch jusqu’à ce qu’elle se récupère.
- Passer en floraison (12/12)
Avantages :
- Méthode la plus productive.
- Puissance supérieure.
- Facile à appliquer.
- Idéale pour les chambres de culture.
Inconvénients :
- Non-apte pour les plantes autofloraison.
- Facile.
- Cycle végétatif long.
- Requiert plus d’efforts.
Topping (ou étêtage)
Le Topping est une technique qui peut se combiner à d’autres techniques comme le SCROG. Elle vise à couper l’apex des pieds après le 5e nœud, lors de la croissance afin de favoriser la croissance latérale. Il s’agit d’une technique très simple qui permet de générer plusieurs bourgeons principaux sur une même plante. La période de récupération dure entre 1 et 2 semaines.
L’avantage principal de cette technique est que les rendements qu’il est possible de produire, sont considérables. D’autre part, les blessures sont ouvertes donc si les conditions de la culture ne sont pas adéquates, les pathogènes et les bactéries peuvent attaquer et nuire à la plante.
Fimming
Le FIM, acronyme de ‘Fuck I Missed’ (Putain. j’ai râté) est une technique de taille pour améliorer le rendement final de la culture de cannabis. Elle ressemble au topping, car il s’agit de pincer une portion de la pousse, néanmoins il ne faut pas couper la sommité entièrement. Le résultat est qu’au lieu de générer deux nouvelles pousses comme pour la taille apicale, il y en a 4 ou plus qui surgiront.
Avantages :
- Une production majeure.
- Des plantes plus robustes.
- Plus de branches.
- Application facile.
Inconvénients
- Importance de bien la réaliser, car autrement, vous obtiendrez des branches faibles ainsi que des duretés qui empêcheront les pousses de sortir.

Le Mainlining
Cette technique est de plus en plus célèbre et utilisée. Elle est semblable à la méthode SCROG, mais sans filet. En effet, il vous faudra des cordes dans le but de guider les plantes.
Pas à suivre :
- Bien désinfecter tous les outils que vous utiliserez.
- Lors de la phase de croissance, il faut faire pousser les pieds jusqu’à ce qu’ils affichent entre 5 et 8 nœuds puis réaliser un écimage à partir du 3e depuis la base de la plante.
- Ensuite, il faut éliminer toutes les feuilles et fleurs par-dessous ; la structure de la tige et les deux branches doit ressembler à la lettre ‘T’.
- Après, attachez les deux branches aux pots de manière à garantir une croissance horizontale au sol.
- Maintenant, il faut laisser pousser ces deux branches jusqu’à ce qu’elles exhibent 4 nœuds et répéter le processus à partir du 3e nœud, comme auparavant ainsi que l’attache. En réalisant ceci trois fois vous obtiendrez 8 branches, si vous taillez 4 fois 16 branches, et ainsi successivement.
- Lorsque vous avez la taille souhaitée, passer les plantes en floraison et il ne reste qu’attendre quelques semaines pour récolter vos fruits.
Avantages :
- Augmentation de la taille de la canopée.
- Meilleur contrôle de l’étirement des branches.
- Convient aux cultures intérieures et extérieures.
- Permet d’avoir de multiples plants.
Inconvénients :
- Stade végétatif des plants de cannabis prolongé.
- Ne convient pas aux plantes automatiques ni de petite taille.
En définitive, les méthodes de palissage ont démontré s’avérer utiles en vue d’augmenter les rendements d’une culture, tant en intérieur qu’en extérieur ; or, il faut bien choisir la technique qui vous convient le mieux, en fonction de vos préférences et des caractéristiques de l’espace, du nombre de plantes ou de la variété cultivée (étant les souches plus vigoureuses les idéales). De plus, il est possible d’en combiner plusieurs afin d’améliorer encore plus le résultat final. De même, la phase de croissance est le moment optimal pour les appliquer de sorte que la plante ait du temps pour se récupérer et offrir les rendements souhaités.


