Si vous avez commencé à cultiver du cannabis et à vous y intéresser ou si vous êtes un cultivateur expert qui recherche plus d’informations, vous avez déjà probablement entendu parler des PGR, peut-être parfois en bien, et d’autres en mal. Ces composants furent découverts vers la fin des années 20. Depuis lors, ils s’utilisent dans tout type de culture dans le but de produire des bourgeons plus denses et compacts, et de rendre les plants plus résistants. Cependant, au cours des dernières décennies, on craint de plus en plus leur potentielle toxicité. Nous allons tenter de vous éclaircir à ce sujet en vous expliquant ce qu’ils sont, leurs différents usages et éventuellement ce qui peut leur être reproché.
PGR : définition
Les PGR, de l’anglais “plant growth regulator” (régulateur de croissance des plantes, RCP en français), sont donc des régulateurs ou hormones de croissance promettant de meilleurs rendements. Ce sont des substances chimiques naturelles ou synthétiques utilisées dans l’agriculture pour diverses fonctions : augmentation de la résistance face aux insectes et aux maladies, fortification des racines, ralentissement de la croissance, etc.
La hausse de l’utilisation de PGR dans les cultures se doit à leur capacité à offrir de meilleurs rendements ou des bourgeons plus volumineux. En incluant les PGR dans la culture, on modifie la morphologie des plantes, permettant de manipuler leurs cycles de croissance. Les PGR ont une capacité à produire des plantes vigoureuses et fortes, mais d’une taille moyenne, ce qui s’avère très utile dans le cas d’espaces de culture réduits. C’est pourquoi de plus en plus de cultivateurs de cannabis décident de les ajouter artificiellement.
Différents types de PGR
Il existe de nombreux types de PGR, tous utilisés à des fins différentes. Certains sont naturels, comme les algues marines, d’autres sont issus de laboratoires. Il est possible d’utiliser des PGR organiques pour favoriser la croissance des plantes ; il faut simplement faire attention à leur composition. Les PGR synthétiques qui contiennent certains composants néfastes sont quant à eux déconseillés.
Les PGR les plus connus sont les suivants, ils sont tous présents naturellement dans les plantes :
- Les cytokinines : ces régulateurs de la croissance peuvent s’utiliser dans le but de stimuler ou de freiner le développement des plantes. Elles sont impliquées dans la création de racines secondaires et favorisent le maintien des feuilles. De plus, elles augmentent l’activité métabolique.
- L’éthylène : il participe dans différents processus comme la germination, le développement de fleurs femelles et de fruits. Il aide également les plantes à survivre en cas de manque d’oxygène ou de taux élevés en sel.
- L’acide abscissique : il est responsable de la germination et produit des plantes plus résistantes au stress hydrique. Contrairement au reste des PGR, il s’occupe d’inhiber la croissance tant des cannabis seeds que des fruits.
- L’auxine : elle joue un rôle très important pour le développement des plantes. Ce PGR est responsable de la division des cellules végétales et améliore l’enracinement. Aussi, elle favorise la croissance verticale ainsi que la production de fruits. Elle figure naturellement dans de nombreuses hormones de bouturage.
- Les gibbérellines : ces régulateurs de croissance stimulent la floraison des plantes. De même, elles améliorent la formation des racines, facilitent la production de fruits et de trichomes et permettent de répondre au stress environnemental.
PGR peu recommandés
Outre ces 5 types de PGR, il existe de multiples hormones végétales. En ce qui concerne les PGR peu recommandés, on retrouve :
- le daminozide
- le paclobutrazol
- le chlorure de chlorméquat
Ces PGR sont d’ailleurs interdits dans certains pays, mais surtout en ce qui concerne la culture d’aliments (fruits et légumes notamment). Le cannabis est quant à lui souvent en zone floue, parce qu’il pose toujours des problèmes législatifs dans de nombreux États et n’est donc pas protégé légalement.
Pour favoriser une bonne croissance de votre plante, n’oubliez pas d’utiliser des engrais pour cannabis adaptés et de lui apporter les nutriments nécessaires. De plus, il est important que vous veilliez à lui prodiguer la lumière dont elle a besoin et à contrôler la température et l’humidité, cela impacte beaucoup le rendement final et la qualité de l’herbe.
Qu’est-ce qu’il se passe si on consomme du cannabis PGR ?
La consommation de cannabis qui a été traité avec ces PGR peut dans certains cas provoquer des effets indésirables plus ou moins graves, mais cela n’est évidemment pas assuré. Tout dépend de votre réponse physique aux éléments toxiques présents dans le cannabis PGR.
Dans les effets secondaires les moins graves, on note notamment des irritations de la peau et des yeux, des difficultés respiratoires, ou des nausées et vomissements ; ils font penser à des réactions allergiques. Les PGR peuvent également provoquer des problèmes bien plus graves à long terme, de sorte que si vous êtes un consommateur régulier, faites bien attention à ce que vous consommez. On retrouve par exemple :
- Augmentation des risques de développer un cancer
- Problèmes au niveau de la fertilité
- Dommages du foie
- Lésions pulmonaires
À préciser que ces effets sont aussi valables pour le consommateur que pour le cultivateur : si vous vous exposez à ces produits pendant trop longtemps, vous pourriez malheureusement en souffrir.
Reconnaître le cannabis traité avec des PGR synthétiques
Nous allons vous donner quelques pistes afin de reconnaître du cannabis qui aurait pu être traité avec des PGR. Les plus aguerris d’entre vous n’auront certainement pas de mal à le repérer, mais nous espérons que cela aidera les moins expérimentés.
Pour commencer, les buds du cannabis PGR sont souventbien plus compacts. Ils ressemblent à de petites boules dures et sont plus lourds que la normale. Cela les rend plus difficiles à casser. De plus, ils ne possèdent pas beaucoup de trichomes, les petites excroissances qui se voient sur les fleurs, qui arboreront alors destons orangés.
Vous pourrez également apercevoir dans certains cas l’apparition de poils dans les tons rouge-orangés. Il s’agit là des pistils des fleurs. Enfin, le cannabis PGR est pauvre en terpènes ou, en d’autres termes, en saveur et arômes. Cela se doit notamment à son manque de trichomes, et les plus fins connaisseurs noteront peut-être même un arrière-goût chimique.
En résumé, les PGR sont à prendre avec des pincettes ; il faut surtout faire bien attention à leur composition. Vous pouvez tout à fait en utiliser pour stimuler le développement de votre cannabis s’il ne sont pas dangereux ni pour votre plante, ni pour vous.


