Bien que les champignons hallucinogènes n’entraînent pas d’addiction pharmacologiquement parlant, il est important de s’informer au sujet des dangers pouvant découler de la prise de psilocybes. En effet, toute substance psychoactive est susceptible d’entraîner des désagréments plus ou moins durables, plus ou moins gênants et plus ou moins graves sur leur consommateur. Cet article a été rédigé à but purement informatif et préventif et n’incite en aucun cas à la prise de champignons magiques : il vous permettra d’en savoir plus sur le champignon hallucinogène et son danger potentiel.
Champignon hallucinogène égal danger ?
Avant toute chose, il faut savoir que si vous vous rendez en forêt pour cueillir des psilocybes, vous vous exposez au risque de repartir avec un champignon vénéneux au lieu du champignon hallucinogène tant convoité. En effet, ces deux types de champignons peuvent être facilement confondus puisqu’ils présentent souvent des caractéristiques similaires que seuls les experts savent différencier. Ne touchez, reniflez et goûtez jamais un champignon sans être sûr de son espèce.
Pour éviter tout danger lié à la recherche de psilos, il est possible de se tourner vers des champignons hallucinogènes en kit, généralement vendus dans des magasins spécialisés (smartshops). Choisissez également des variétés dont les effets vous intéressent : par exemple, le champignon Mexicana est réputé pour les fous rires qu’il provoque. Il sera certainement à préférer à un champi aux effets introspectifs.
Les effets générés par la consommation de champignons hallucinogènes peuvent être passagers et se déclencher directement lors de la prise de psilos : on parle alors d’effets secondaires. Parfois, ces effets (ou des effets plus “positifs”) ressurgissent momentanément alors que le consommateur n’a pas repris de substance psychoactive, il s’agit de flash-back. Dans les cas les plus graves, certains souffrent d’un syndrôme provoqué par les molécules psychotropes.
Effets secondaires physiques
La prise de champignons hallucinogènes peut entraîner des effets secondaires qui varient selon le consommateur, son IMC, sa tolérance aux substances hallucinogènes, son état mental, et la variété et la dose consommées. Les effets secondaires pouvant être ressentis au moment de la prise sont les suivants :
- Nausées
- Vomissements
- Transpiration
- Accélération du rythme cardiaque
- Augmentation de la température corporelle
- Engourdissements
- Pertes d’équilibre
Tous les effets des champignons hallucinogènes, qu’ils soient positifs ou négatifs, sont dus à la psilocybine, la molécule psychoactive qu’ils contiennent.
Bad trip : le vrai danger du champignon hallucinogène
Dans certains cas, les champignons hallucinogènes peuvent entraîner des bad trips. Ils s’accompagnent de plusieurs effets secondaires physiques que nous avons listés dans le paragraphe précédent. À noter que le bad trip entraîne souvent un cercle vicieux, puisqu’il angoisse le consommateur ce qui empire donc la situation. Les effets induits par un bad trip sont les suivants :
- Sensation de malaise
- Hallucinations désagréables
- Anxiété
- Paranoïa
Ceux-ci apparaissent généralement lorsque le consommateur est dans une mauvaise passe psychologique (stress, anxiété, déprime, dépression) ou qu’il mélange plusieurs substances psychotropes. Il faut savoir que le risque de suicide augmente avec la prise de substances hallucinogènes, parfois même lorsque l’expérience est positive (minimisation du danger). Normalement, les effets devraient s’estomper au bout de quelques heures. Toutefois, il arrive que certains effets ressurgissent ou soient persistants…
Flash-back
Les flash-back se définissent par la réapparition d’effets survenus lors de la prise de psychédéliques alors que la personne n’a pas consommé de nouveau ces substances. Il peut s’agir d’hallucinations, d’effets visuels, de ressentis physiques ou de conséquences psychologiques. Ils sont générés par un effort physique, du stress, une maladie ou trouble mental, la prise d’alcool ou de cannabis. Parfois aussi, on ne sait pas définir ce qui déclenche réellement ces flash-back.
Les flash-back peuvent être angoissants, et pousser la personne concernée à la crise de panique. D’autres fois, les flash-back sont accueillis positivement, puisqu’ils rappellent au consommateur une expérience qui lui a été bénéfique, notamment lorsque les champignons hallucinogènes sont consommés à des fins spirituelles ou d’ouverture d’esprit.
Le syndrôme post-hallucinatoire persistant
Contrairement au flash-back, le syndrôme post-hallucinatoire persistant (en anglais HPPD, “Hallucinogen Persisting Perception Disorder”) dure dans le temps, ce qui perturbe le quotidien de la personne qui en est affectée. Il peut arriver qu’une personne consomme des champignons hallucinogènes en soirée, et que le lendemain matin, elle note une gêne au niveau de la vision.
Le syndrôme post-hallucinatoire persistant peut inclure les flash-back récurrents, mais est généralement décrit comme étant une altération constante de la vision :
- Objets qui émettent de la lumière/couleur
- Traînée lumineuse qui suit les objets en mouvement
- Mouvements dans le champ de vision périphérique
- Fractales
- Etc.
Très peu de personnes vont consulter lors de l’apparition ou la persistance de ces symptômes. Cependant, ce syndrôme doit être diagnostiqué par un médecin pour éviter toute confusion avec de possibles migraines avec aura, troubles neurologiques ou troubles psychiatriques.
Recommandations générales
Pour préparer au maximum la prise de champignons hallucinogènes, il est possible de surveiller certains paramètres qui limiteront les dangers qui y sont liés. Nous rappelons une fois de plus que ces informations sont données à titre de prévention.
Set and setting
Tout d’abord, il faut faire attention au set and setting, c’est-à-dire qu’il faut être préparé mentalement et être dans de bonnes dispositions psychologiques. Il est important aussi de choisir un environnement de confiance et peu dangereux.
Pour ce faire, il faut que vous soyez ouvert à l’expérience. Toute forme de stress et de réticence concernant le trip peut virer au bad trip. C’est le cas également des états anxieux, de déprime ou dépressifs. En ce qui concerne le setting, préférez un lieu connu, et la présence d’un “trip-sitter” qui restera sobre et qui pourra assister la consommation voire prendre des mesures en cas de problème.
Consommation
Bien que le champignon hallucinogène puisse représenter un danger dans certains cas, prenez des mesures pour l’éviter ! Évidemment, lors de la consommation en elle-même, il faudra être très prudent quant à la dose ingérée pour éviter tout risque de surdosage qui pourrait être dangereux. Commencez par de petites doses que vous augmenterez petit à petit en fonction de l’intensité des effets.
Aussi, ne consommez pas de champignons hallucinogènes en complément à d’autres substances (alcool, drogues, etc.) : cela pourrait fortement augmenter les risques d’effets indésirables. Et surtout : ne jamais s’injecter du champignon hallucinogène, c’est une pratique extrêmement dangereuse qui peut se révéler létale, et ne jamais conduire ou manipuler des machines après la prise de psilocybes.
En cas de problème, appelez tout de suite le corps médical qui saura vous aiguiller et vous prendre en charge si besoin. Si vous remarquez des symptômes persistants après la prise de champignons hallucinogènes, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant qui saura vous rediriger vers les spécialistes compétents.


